AVT_Guy-Untereiner_2349.jpgPur autodidacte, pâtissier avant de devenir illustrateur et peintre à succès, Guy Untereiner est un personnage clé pour comprendre l’Alsace d’aujourd’hui.

Vous croyez l’ignorer, alors que vous connaissez son art populaire et raffiné, distillé entre art de la table, cartes postales et objets divers. Cet artiste sincère est un passeur d’émotion à (re)découvrir.

Il gîte en Alsace bossue, copine avec la reine Christine (Ferber) et illustre une kyrielle de jolis ouvrages sur la gourmandise d’Alsace et de Lorraine. On le connut jadis en styliste facétieux pour la Manufacture d’Impression sur Etoffes de Ribeauvillé.

« […] Théières à l’anglaise, Alsace vue en technicolor et en multiples personnages drolatiques et animés, au gré de sa fantaisie et des saisons, mais aussi cartes postales amusantes, animalières et folkloriques ont fait de ce drôle de paroissien au verbe haut perché, volontiers hilarant, une sorte de Hansi de la campagne.

On aime son air faussement naïf, savamment roué, ses idées vives et fraîches qui lui permettent de recréer une Alsace d’aujourd’hui – sa voisine Lorraine – à partir de la tradition d’avant-hier.

Bûcheur né, il multiplie les illustrations en tout genre, prépare des expositions au gré de ses voyages.

Il est parti au Japon et à Chicago, chez Jean Joho, retrouvant une inspiration ancienne, qui le titillait, il imaginait une Alsace rêvée, cousinant avec le pays Amish. Il s’évade du folklore, travaille la gouache comme le collage, renouvelle son inspiration jouant avec le pop art ou retrouvant les images d’autrefois.

On pourrait lui voir un cousinage évident avec Hansi par sa haute taille, son nez en pirouette, son goût d’une certaine facétie enfantine, ses évocations villageoises dans une Alsace rêvée. Mais un Hansi moderne et roué, quotidien et ouvert au monde d’ailleurs, qui cousinerait aussi avec Norman Rockwell. Comme le dessinateur US de la côte Est, Guy Untereiner aime les gens simples qu’il met en scène avec joyeuseté, fermeté, sagesse, tendresse.

Il a le sens de la formule, manie l’ironie avec brio et son humour fait mouche.

Il représente l’une des figures (déjà) légendaires de l’Alsace d’aujourd’hui. Avec lui, comme avec Dreikaus, Siffer, Waydelich et, bien sûr, Ungerer, l’Alsace héroï-comique, a, en ce début du XXIe siècle, son fin mot à dire. »

Gilles Pudlowski  (extrait du Dictionnaire Amoureux de l’Alsace, Plon)